12.03.2006
KANT...
C'est la pensée d'un pieux et austère professeur de Königsberg, Emmanuel Kant (1724-1804), qui propulse la philosophie dans l'ère moderne.
Figure emblématique du 18em siècle, son rayonnement perdure jusqu'à nos jours.
Sans doute le plus grand philosophe après Aristote et avant Heidegger.
Hors d'un aéropage d'initités, qui lit encore "Critique de la raison pure" et son magistral "Critique de la faculté de juger" ?
Kant, et c'est là toute sa modernité, substitue au couple disjonctif apparence-essence (les fameuses Idées de Platon), le couple conjonctif apparition-sens.
Pour lui, il n'y a pas d'apparence, il n'y a que des apparitions et les conditions d'apparaître de l'apparition appartiennent à l'être auquel l'apparition apparaît.
Le sujet est donc constituant des conditions sous lesquelles ce qui lui apparâit, apparaît.
Les conditions de l'apparition d'un phénomène sont les catégories de l'espace et du temps.
Voilà, posée une fois pour toute, la modernité: un sujet pensant dans l'espace et dans le temps.
Gilles Deleuze relève dans son cours sur Kant que ce dernier remet en question le célèbre cogito de Descartes.
"Je pense", remarque le philosophe de Königsberg, est une détermination qui implique une existence indéterminée et l'on ne sait pas comment cet indéterminé se trouve déterminable ni sous quelle forme il apparâit comme déterminé.
Kant, dès lors, introduit une nouvelle composante dans le cogito: le temps et l'espace, car c'est dans le temps que l'existence indéterminée se trouve déterminable. Le cogito kantien est donc: "Je pense, donc je suis un sujet qui pense dans l'espace et dans le temps."
"Des pensées sans contenu sont vides,
des intuitions sans concepts, aveugles."
Kant, un philosphe à (re)découvrir...

09:15
Écrit par mitso
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