30/09/2007

Exotérisme vs Esotérisme

J’hésite à employer le terme « ésotérique », il est tellement galvaudé ! On en trouve partout, la moindre boîte d’allumettes est prétexte à mettre ses proportions en correspondance avec celles de la Grande Pyramide. Il est devenu, par la force des choses, l’apanage de petits groupes mystérieux qui vous initient, paraît-il, aux arcanes de mystères connus d’eux-seuls et qui sont, bien entendu, hautement ésotériques.
Il faut cependant l’aborder sans préjugés.
Esotérique vient du grec « ta eso », les choses intérieures, en opposition à « ta exo », les choses extérieures.
J’y rattache la  différence entre apparence et apparition.
L’apparence, pour celui qui la perçoit, ne suscite aucune autre interrogation que celle du reconnaître ou de sa connaissance. L’apparence est ainsi, elle n’est pas autre que telle qu’elle se donne à mes sens. A moi de la décrire fidèlement et de la rattacher à ce que je reconnais déjà.C’est une démarche scientifique.
L’apparition est une apparence qui, en plus de son apparaître, suscite un questionnement sur son origine. D’où vient cette apparition ? Que nous dit-elle ? Quel est son sens profond ?
L’astro-physicien qui observe les étoiles, les étudie  telles qu’elles se présentent à son téléscope. Elles apparaissent à sa vue, il les décrit, les mesure, les… bref, il fait un travail scientifique, il n’interroge pas leur sens, il n’a pas à rechercher une nature occultée de l’étoile qu’il observe.
Dans la même optique, un théologien peut étudier un livre saint, le lire, en tirer l’enseignement qui s’en dégage à première vue et reposer ce livre.
C’est vrai aussi pour les philosophes. Ils peuvent interroger l’être, le néant, l’existence et construire leurs théories sans vouloir chercher le sens caché de l’être, du néant, de l’existence.
Ils ne le font plus car la philosophie, depuis le Moyen-Age, s’est retranchée dans l’observation des hommes et des choses en épousant un shéma quasi scientifique. C’est une conséquence, malheureuse, de la distinction imposée entre la théologie et la philosophie par
les Scolastiques, Saint Thomas d’Acquin le tout premier.
Et c’est ainsi que la philosophie est devenue, au fil du temps, une socio-philosophie tout comme la théologie s’est réduite  à une socio-théologie.
Or n’est-ce pas le devoir premier du philosophe que de se poser la question : qu’y a-t-il derrière ce qui m’apparaît ?
Certains l’on tenté : Heidegger par exemple qui, dans son approche de l’être à travers sa manifestation, le « da-sein »,  en est arrivé à donner un sens à ce qui n’en avait pas, en l’occurrence le néant. Il est allé si loin dans l’observation de l’être, à travers son apparaître, qu’il n’a pas trouvé les mots pour le décrire clairement et s’est retranché derrière les poètes.
Un autre philosophe, Gabriel Marcel, avait parfaitement compris ce drame de la défience de l’expression dès que certains atteignent des niveaux insoupçonnés de la connaissance.
Il y eut, avant eux, les kaballistes juifs et chrétiens.
Il y a encore, en islam, les  soufis, les shî’tes.
Est-ce pour autant qu’il nous faille renoncer ? Et ne voir dans une étoile qu’un astre et rien d’autre ? Et dans le soleil une boule de feu aux caractéristiques si brillamment décrites par nos savants ? Et ne dégager de la Bible, l’Evangile ou le Coran, que des récits historiques, des poèmes parfois sublimes et des considérations morales ?
Je ne le pense pas. Il est des jours où nous devons quitter les sentiers battus et découvrir de nouvelles routes, au risque de nous perdre, certes, mais se perdre alors, c’est une manière de se sauver. Qui n’a jamais été amoureux ne pourra le comprendre !

Depuis quelques semaines, j’ai mis mes nouvelles en ligne.
Eh oui ! je taquine la plume …
si vous souhaitez y jeter un coup d’œil, je vous invite sur :
http://effluves.skynetblogs.be

 2.07
Pic de la Mirandole, kaballiste chrétien

17:02 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je survis dans un monde socioprofessionnel violent et primaire rural. J'essaye de transformer cette violence au jour le jour mais je me rends bien compte que maintenant, c'est trop.

Je n'ai plus la force ni l'âge de m'investir dans un autre endroit socioprofessionnel qui me permettrait de recevoir un revenu minimum vital pour ne pas devenir "exclu social" au sens mortifère du terme, et non au sens culturel.

J'ai encore beaucoup de choses à effectuer, me semble-t-il. En tout cas, j'aimerais mettre à profit mon esprit littéraire, ou au moins lui permettre de vivre aussi et d'apporter l'éclaircissement qu'il est susceptible d'apporter.

Comment peut-on aider un monde sans y pénétrer ? Et comment quitter ce monde sans périr ? Sans mettre un terme à son existence ophysique ? On dit que la violence se détruira par elle-même, mais en attendant, je vois une multitude de naïveté humaine se faire manger et contribuer à faire grandir cette violence.

Un monde dans lequel la violence économique décrédibilise à ce point la douceur du Dalaï Lama (à titre d'exemple) est-il "vivable" ou "survivable" à tous les niveaux de population ?

Je pense qu'en chacun d'entre nous il y a une part de dynamisme, d'énergie à utiliser dans un sens constructif et que c'est cette même énergie qui, sous l'emprise d'un "tyran", se (re)transforme en violence.

Est-ce que je me trompe ? La douceur peut-elle se passer de la détermination active pour survivre en ce monde transitoire ? Et pourquoi me semble-t-il que ce monde est transitoire alors qu'il est mon présent ? Cette "impression" ne serait-elle qu'une fuite spirituelle "en avant" vers ce que je nomme l'éternité et ses endroits de vie agréables ?

La compassion inclut-elle une conception de 'non frontières" ce qui sous entendrait que nous devons éprouver de la compassion envers des êtres tels que Hitler, Staline ? Cette compassion sans limite ne permet-elle la résurgence de pouvoirs tyraniques trop puissants par rapport à son haut idéal ?

Bon et bête sont des adjectifs qui commencent par la même lettre. Cela les lie-t-il de façon significative et "incitatrice" ?

J'ai faim. Merci de me donner un peu de votre nourriture de l'esprit. Suis-je "impur(e)" parce que je n'ai trouvé à un moment donné que la nourriture des cochons pour survivre ? La violence est-elle une maladie dont on peut guérir pour jamais ? Le mystère de la ligne du temps inclut-il que les raptores resurgiront toujours en nous, à travers nos comportements ?

Aimer, c'est prendre sur soi. Doit-on aimer les fascistes qui brutalisent les êtres doux ? Où se situe le risque de devenir fasciste moi-même si je "prends sur moi" ?

Écrit par : CherryBlueBird | 13/01/2008

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