05/10/2007

Plaisir ou bonheur ?

« Faites-vous plaisir ! »
Voilà une expression que l’on emploie et rencontre quasi chaque jour.
Le plaisir est un des types fondamentaux d’affection et cette dernière est définie comme : « un mouvement de la sensibilité, spécialement le plaisir et la douleur en tant qu’opposés, comme moins complexes psychologiquement et physiologiquement, aux émotions proprement dite de colère, de crainte, d’espoir etc… »
Ce n’est pas la joie qui ne présente pas le caractère  éphémère du plaisir (« un moment de plaisir !»), la joie est totale et s’étend à tout le contenu de la conscience.
Elle se projette dans l’avenir « et dans la joie extrême les perceptions et les souvenirs acquièrent une indéfinissable qualité comparable à une chaleur ou à une lumière et si nouvelle qu’à certains moments, en faisant retour sur nous-mêmes, nous éprouvons comme un étonnement d’être » (Henri Bergson : Essais sur les données immédiats de la conscience »)
Et ce n’est pas du tout le bonheur, compris comme « état de satisfaction de toutes nos inclinations tant en extension, c’est-à-dire en multiplicité, qu’en intensité, c’est-à-dire en degré,  en protension, c’est-à-dire en durée » (Kant : Critique de la raison pure)
Ce n’est pas la satisfaction, plutôt le résultat de cette dernière. C’est la résultante de celui qui a « fait assez » pour satisfaire une exigence, un besoin…
« Les petits plaisirs de l’existence » peut-on entendre un peu partout, tout cela nous donne à penser que le plaisir est, somme toute, un but assez simple à atteindre et qu’à tout prendre, autant viser le plaisir plutôt que la joie ou le bonheur.
C’est, bien sûr, une question de choix. La joie, le bonheur se projettent dans l’avenir, impliquent la durée, le plaisir se dilue dans le présent.
Alors, pour combler cette dilution, accumulons les plaisirs.  Les publicitaires l’ont parfaitement compris qui dans leurs communications insistent sur ce plaisir que leurs messages sont censés apporter à ceux qui y succombent.
Ce que je constate, c’est cet appel au plaisir dans nos sociétés occidentales de consommation à outrance. C’est normal, consommer peut générer du plaisir, ce plaisir se vend, ils faut le multiplier. Et on le multiplie trop souvent en lui sacrifiantc la joie et le bonheur.
Et c’est trompeur ! Le plaisir s’émousse, fond comme un sucre et, plus grave encore,  est facteur d’addiction.
Et si la joie et le bonheur n’étaient réservés qu’à des êtres forts, conscients d’eux-mêmes et de leurs limites, des êtres qui aujourd’hui, dans nos société égoïtes et repues, sont des êtres d’exception.
J’ai bien peur que cela soit le cas. Courir après son « petit bonheur », compris comme un plaisir fugace et trompeur, n’est-ce pas le lot de bien
d’entre nous ?
Il y a des joies et des bonheurs qui naissent de l’effort et du dénuement, cela ne fait plus recette, alors exit le bonheur et vive le plaisir !
Mais gare aux lendemains !

2.06

17:56 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

J'aime l'image du plaisir vu comme un sucre qui fond ...Comme le sucre i, le plaisir peut faire du dégat s'il est sans limite. Perso, je crois que le bonheur est un état d'esprit , une manière de penser sa vie, et ce malgré les épreuves...

Écrit par : Nadette | 05/10/2007

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