15/10/2007

Génétique publique ?

La politique, le nom le dit, est l’art d’administrer la cité. Qui dit cité dit public, même si cette administration aborde aussi des domaines qualifiés de privés.
Dès lors que la politique déborde trop dans le domaine privé, on n’est pas loin du totalitarisme, le mot est assez évocateur à lui tout seul.
C’est dire combien la génétique doit être maniée avec une extrême prudence
Que ce soit le cas dans le droit pénal où les investigations dans les affaires criminelles font appel à elle, me paraît parfaitement fondé.
Là où ce l’est nettement moins, c’est quand une politique de contrôle de l’immigration l’appelle à sa rescousse.
Contrer le regroupement familial en imposant aux demandeurs et demandeuses des test d’ADN prouvant une filiation qu’ils revendiquent, est humiliant et dangereux.
Humiliant car c’est suspecter dans le chef des demandeurs la validité des papiers qu’ils exhibent. C’est surtout, une intrusion dans leur vécu intime sans précédent en démocratie.
La filiation, nous le savons, est certaine pour la mère. Pour le père, c’est la déclaration qui fait foi. Aller plus loin que cette dernière c’est, à priori, douter de sa parole. C’est, sans preuves aucunes, jeter le discrédit sur son témoignage.
C’est opérer une discrimination entre les résidents français et les étrangers désireux de rejoindre notre territoire.
Dangereux : car le doigt est mis dans l’engrenage. Et si demain la génétique rentrait en force dans tout un ensemble de domaine où elle est à présent persona non grata ? Si elle se banalisait et rentrait, d’une manière ou d’une autre, dans notre vie de tous les jours ?
Or, qu’y-a-t-il de plus intime que la génétique ? Tellement intime que nous ne connaissons pas nous-mêmes les composantes de nos gênes. Pourquoi les mettre sur la place publique quand d’autres voies d’investigations, parfaitement contrôlables, s’offrent à qui veut les utiliser ?
Cette déviance du terrain de la génétique peut déborder un peu partout. Et si demain, à la faveur de la découverte d’un gêne de la violence, un ministre (ou un Président…) décidait de contrôler tous les jeunes de tel à tel âge ?
Impossible ? Rien n’est impossible dès lors que le doigt est dans l’engrenage.
On le fait dans d’autres pays démocratiques ? Possible, mais nous sommes en France où subsiste encore une tradition républicaine. Pour combien de temps, je ne le sais, quand de pareilles dispositions sont proposées.
Dans République, il y a « public », si ce qui est on ne peut plus privé, est étalé sur la place nous ne sommes plus dans ce système qui est encore le nôtre.
L’enfer étant pavé de bonnes intentions, mobilisons-nous contre pareille forfaiture.

 
10.10


17:36 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour, sur les tests ADN, je vous recommande le film "Bienvenue à Gattaca" c'est un film de science fiction certes, mais j'ai bien peur que la fiction ne rejoigne la réalité. Bien à vous.

Écrit par : TTNE | 16/10/2007

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