30/10/2007

Liberté sous molécules.

M’inspire aujourd’hui l’histoire de ce pauvre type qui souffre de la maladie de Parkinson, se soigne et devient, à cause des médicaments qu’il consomme, accroc aux jeux. C’est du moins ce qu’il prétend et que corrobore une étude canadienne en la matière.
Il n’avait jamais joué et voilà qu’il dilapide en quelques mois plus de cent-soixante mille euros.  Comme quoi, la chimie a de ces dégâts collatéraux…
Si le Tribunal appréciera les accusations du plaignant, on peut frémir quand on sait à quoi tient notre intellect et notre volonté.
J’en ai connu qui, bouffeurs de curés, sont morts en odeur de sainteté et réconfortés par la bénédiction « in articulo mortis ». Chimie ou peur de la mort ?
Je revois Aragon, chantre des yeux d’Elsa, qui termine sa vie entouré de gitons…
Il faut peu de choses pour changer l’alchimie subtile qui gouverne nos désirs, nos pulsions, notre manière de voir, d’entendre, de réagir. Survient un facteur étranger, une molécule et hop ! on dévie d’une ligne que l’on croyait immuable, coulée en force de chose jugée, une fois pour toute, à l’aune d’une intelligence soi-disant maîtrisée.
La liberté peut être définie comme l’état d’un être qui ne subit pas de contrainte et agit conformément à sa volonté, à sa nature.
Mais, nous dicte le positivisme, en physique, quand un corps tombe, il manifeste sa liberté en cheminant, selon sa nature, vers le centre de la Terre avec un vitesse proportionnelle au temps.  Dans l’ordre vital, chaque fonction végétale ou animale est déclarée libre si elle s’accomplit conformément aux lois correspondantes, sans empêchement intérieur ou extérieur.
Dangereux, ce qui précèce ! Car si la liberté de la pomme qui tombe de l’arbre est de se diriger vers le centre de la terre, la liberté du malade sous molécules est de réagir conformément aux interactions que déclenchent ces molécules dans son organisme. Dans l’exemple ci-dessus, le plaignant a tort de se plaindre.  Il est devenu accroc aux jeux puiqu’il a réagi conformément à la procédure induite par la prise des médicaments ad hoc.
Encore aurait-il fallu qu’il connaisse les effets pervers de ces derniers. Là gît tout le problème. Dans l’affirmative, il aurait été libre de les risquer ou de ne pas prendre la médication prescrite.
Tant il est vrai que la liberté, comme Spinoza la décrivait, est l’état de l’être humain qui réalise dans ses actes sa vraie nature, considérée comme essentiellement caractérisée par la raison et la moralité.
Oui mais, la raison comment la définir ?
Et la morale ?
Il reste du pain sur la planche.

1b
Il faut peu de choses pour infirmer un jugement.

18:30 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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