13/11/2007

Le dict d'un Président.

L’homme est un animal politique (zoon politikon), Aristote l’a écrit. Mais n’est –il que cela ?
L’homme sent confusément dès sa plus tendre enfance qu’il a besoin des autres, ses parents et ses proches, et qu’en même temps, les autres peuvent être ses concurrents, ses ennemis. D’où une dichotmie qui peut conduire  à la schizophrénie.
C’est dans la « polis », un groupe d’homme organisé dans un but commun, que l’homme va évoluer.
Il a besoin de autres pour s’affirmer, pour être reconnu et en même temps cette affirmation, cette reconnaissance peut être mise à mal par les autres.
L’histoire des hommes nous montre des personnages qui, à partir de la « polis », se sont affirmés comme chefs, dirigeants autocrates, fiers de l’être.
Vivre parmi les autres et les utiliser pour soi, perpétuelle tentation des dirigeants politiques.
Ce qui se passe en France depuis la dernière élection présidentielle en est l’exemple type. Un homme a été élu qui se veut représentatif de tous et conforte son ego à partir de la croyance que tous se reconnaissent en lui. Dès lors, tout ce qui s’oppose à cette reconnaissance n’est pas seulement son obstacle personnel mais celui de toute la communauté.
Le Président Sarkozy nous démontre tous les jours, qu’il veut être le seul membre d’un gouvernement qui n’a qu’à incarner sa pensée et exécuter sans états d’âme sa volonté. Que la France soit une République avec des institutions, des paliers de pouvoirs séparés, il ne l’ignore pas, mais passe outre. Gare aux parlementaires suspectés de velleités personnelles et critiques, haro sur l’opposition, mise au pas des ministres réduits au rôle de porte-parole du dict souverain.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le mot du chef, émanation de son pouvoir. Ce n’est pas étonnant : vivre dans un système où plus de cinq-cent mille textes de lois, directives et réglements composent le corpus juridique décourage le droit, étouffe l’Etat et au milieu de ces écrits où une chatte ne reconnaîtrait pas ses petits, émerge le mot du souverain.
Et ce mot le peuple le reconnaît, l’accepte ou le refuse, c’est pareil, l’important est d’être reconnu.
L’Histoire abonde en exemples où l’écrit fut enterré et le mot mis en exergue, nous y voilà ! Qu’à dit le chef, qu’en pense-t-il ? C’est le quotidien de peuples qui ne lisent plus les textes mais guettent la parole du souverain. C’est la fin de l’état de droit. Et c’est la faute au droit.
L’Empire romain, bien plus qu’à cause des barbares,  s’est écroulé sous le poids de ses textes législatifs, la France et l’Europe à sa suite feront de même. Quand les textes deviennent illisibles, abscons et hors de portée du citoyen, alors la parole du chef devient règle qui n’est pas celle du droit.
Je ne crois pas que le citoyen soit tellement attaché à l’état de droit ; ce qu’il souhaite, somme toute, est assez simple : vivre sans trop de soucis, exercer sans trop de peine son pouvoir d’achat et puis… vogue la galère. Le talon d’Achille du nouveau Président git précisément là : si le pouvoir de vivre en paix, sans trop de soucis n’est plus, le peuple lui retirera sa confiance, les révolutions se font toujours au nom de ces petites choses plutôt qu’à celui des grands principes.
Les grèves qui s’annoncent dures sont un défi à la nouvelle autorité élyséenne, le Président en fera une affaire personnelle plutôt que d’Etat, c’est son style, nous le savons tous.
Je souhaite qu’elles soient un succès pour tous ceux que préoccupe le pouvoir d’un seul homme qui juge les événement et les gens à l’aune de sa personne. Les grands hommes d’Etat savent d’instinct ce qui se fait et ne se fait pas. Mais où sont-ils passés, ces hommes ?
Après tout, pourrais-je me dire, les peuples n’ont que les dirigeants à leur mesure, si cette société est celle du spectacle, de l’esbrouffe et du paraître, nous voilà bien servi.
Et pour des années encore !
A moins que…

1a
Homme d'Etat ?

18:23 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

C'est qui sur la photo ?

Écrit par : biglodion | 13/11/2007

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