22/11/2007

Révolution permanente.

Quand dans un pays les riches deviennent plus riche, et les pauvres plus pauvre, c’est qu’il y a quelque chose de pourri dans la République. Et c’est pourquoi les gens sont dans la rue.
La vie est une Révolution permanente. A l’instar de la révolution de la Terre autour du soleil, notre vie ne peut s’arrêter. Pour nous, l’univers recommence et tous les jours, les choses sont à remettre à leur juste place. L’homme qui s’arrête, est mort. Mort, non pas physiquement, mais essentiellement, il n’est plus qu’un élément passif qu’entrâine le cours des choses.
Sans cesse il nous faut penser, ne pas nous contenter des solutions trouvées, les remettre à l’aune de notre esprit critique, toujours juger, toujours jauger.
Ah ! je sais, ce n’est pas pratique, ce serait plus simple de se dire que la formule idéale on l’a trouvée une fois pour toute, ou pire… faire sienne la formule d’un  (ou d’une…) autre, gourou  coach ou que sais-je encore …
Remarquez que c'est ce que fait la majorité des gens: ils trouvent leur "petite vérité et n'en démordent plus". C'est tellement rassurante et facile que de se savoir investi d'une vérité éternelle.
San cesse remttre en question ce que l'on a trouvé, ce n'est pas du relativisme absolu. Il faut écouter, lire, voir, comparer, adopter… L’important c’est d’intégrer en soi, sans heurts, sans tiraillements, ce qu’il nous semble bon, juste et vrai… pour la journée d’aujourdhui et, peut-être, pour celle de demain.
C'est une manière d’être et de faire qui peut convenir toute une vie.
Les credo sont une excellente chose en matière de foi, une foi sans credo, ce n’est qu’une opinion, pas une foi. Mais la foi s’arrête là où commence notre interrogation et fait place à notre faculté de discernement.
Il en va de même en politique. Juger les actions de ceux qui nous gouvernent n’est pas seulement souhaitable, c’est obligatoire si l’on veut se réclamer de la qualité de citoyen.
L’action d’un gouvernement se fait au jour le jour en fonction d’un programme défendu devant le Parlement qui l’a approuvé. Cela ne signifie pas que ce programme doive être figé une fois pour toute, car la vie continue, les facteurs économiques et sociaux qui étaient ceux d’il y a six mois, ne sont plus les mêmes quelques temps après. D’où le devoir de remettre en question, de rappeler la contingence des évènements et de réclamer un ajustement au cours du temps.
Chez moi, les cheminots sont dans la rue, les fonctionnaires y étaient, les étudians y sont toujours, magistrats et avocats râlent dans leur coin et les buralistes sont à Paris.
Neuf-cent mille jeunes sont en danger, dénonce un rapport. Ils boivent trop d’alcool et sont tentés par les drogues dures. L’analphabétisme est en progresson, la violence conjugale ne désarme pas, une femme, tous les trois jours, meurt des suites de ces violences, un homme tous les treize…
Le salaire minimum ne permet pas à certaines catégories qui travaillent à temps complet de payer un loyer dans une grande ville. Il y a des fonctionnaires qui se retrouvent en grande précarité.
Alors, aujourd’hui comme hier, c’est cette révolution permanente que j’appelle de mes vœux. Elle n’est rien d’autre que remettre les choses à l’endroit en faisant fi des croyances, des opinons et autres doctrines figées. Remettre de l’ordre là où il n’y en a pas, de la justice quand elle est dramatiquement absente, rétablir des pans de vérité à défaut de la Vérité tout court, n’est-ce pas la tâche la plus noble qu’il incombe à l’homme d’accomplir ?  

17:28 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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