03/12/2007

Fuck the globish !

Madame Lagarde, ministre des finances, a reçu le prix de la « Carpette anglaise ». Ce prix, inauguré cette année, est donné à la personnalité qui privilégie la langue de Shakespeare au détriment de celle de Molière. Cette ministricule rédige ses notes de service en anglais, comme l’a révélé le « Canard Enchaîné ».
Elle fut, durant quelques temps, directeur mondial d’un cabinet d’avocats basé à Chicago.
D’où la manie de communiquer en anglais, même dans un ministère de la République !
L’anglais est devenu, que cela nous plaise ou non, la langue véhiculaire dans le monde.
Mais quel anglais ? Celui de Shakespeare ? Nenni ! A sa place, s’utilise un volapük vulgaire et réducteur baptisé : globish. Le globish n’est rien d’autre que la traduction de sa langue maternelle en anglais, assortie d’expressions tirées des séries américaines ou du rock.
Quand on aime le souffle épique shakespaerien, c’est plutôt écoeurant !
L’anglais, tel qu’on le parle en Grande Bretagne et particulièrement à Oxford ou Cambridge, est une langue somptueuse qui s’utilise selon un code sémantique bien précis, articulé autour d’un ensemble de propositions ordonnées en fonction de la principale et dont la particularité est l’emploi sophistiqué de nuances hypocoristiques.
Lisez les classiques anglais. Rien à voir avec ce dialecte d’aéroport, le globish.
L’anglais, qui ne soit pas la traduction du français, j’essaie de le parler et c’est très difficile, croyez-moi. Il y a une façon de dire des choses qui est complètement différente de cellle du français. Le globish, je le fuis.
En voyage, je privilégie le français, et si je ne puis me faire comprendre, j’essaie l’allemand et, pour finir, l’anglais.
J’en ai marre de tous ces demi-instruits qui exhibent leur globish à coup d’expressions toutes faites pêchées partout sauf dans la bonne littérature. On a, c’est bien vrai, la culture que l’on mérite, et le mauvais goût, à l’instar de la mauvais herbe, pousse sur les terres les plus ingrates.
La langue est le véhicule de l’esprit. L’esprit est l’expression de notre personnalité et, à travers cette dernière, celle de notre famille intellectuelle. Toute réduction de cette expression est un péché contre l’esprit.
Déjà que je bous à lire les fautes d’orthographes et de syntaxe sur les blogs et les copies de mes élèves. Que je me révolte devant la qualité du français que l’on parle. Si en plus, je dois me farcir un idiome débile sous prétexte de facilité de compréhension, je le déclare, haut et fort et sans vergogne :
« Fuck the globish ! »

10.06
La "Carpette anglaise"



 

13:31 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Honni soit l'anglais de bas étages Bonjour
Je suis bien d'accord sur le fond avec les propos de votre article mais je n'ai pas bouilli en lisant "à l’instar de la mauvais herbe" ni ne me suis désolé en réalisant que vous cédiez à la mode globish pour l'intitulé et la chute !

Merci du coup de gueulle

Écrit par : Adrien LANGLOIS | 02/01/2008

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