13/12/2007

Repenser la politique.

Mon blogue va devenir de plus en plus politique, je le pressens.
Oh ! pas de la politique politicienne, celle qui intéresse les appareils des partis, les ambition ou les vocations des uns et des autres.
Je ressens de plus en plus un besoin de parler et de m’interroger sur l’éthique politique, celle à laquelle le citoyen, « l’homme politique » que qualifie Aristote, a droit et qui s’étiole au fur et à mesure que le temps passe et que s’installe un scepticisme passif illustré par les brèves du Café du Commerce.
Jugeons-en :
La démocratie n’est qu’une appelation même pas contrôlée. Nous savons que cette dernière, dans notre système, nomme une oligarchie d’intérêts le plus souvents privés qui, de pressions en pressions, dessinent le paysage politique que nous voyons s’esquisser sous nos yeux.
L’Europe dont nous étions si enthousiastes il y a quarante ans n’est plus que l’Organisation Européenne du Commerce et la gestion de la Monnaie Commune. Celle qui aurait dû être une puissance politique porteuse d’un message qui lui soit propre n’est que, et n’a comme vocation, que de gérer des intérêts mercantiles. Triste dérobade à ce destin qui l’appelait de ses vœux.
La division des pouvoirs, la marque même de la démocratie, n’est pas respectée et, pire ! alors que récemment encore, les dirigeants de l’exécutif faisaient semblant d’en tenir compte, cette hypocrisie est levée et le constat est là : députés croupions, assemblée de godillots aux ordres, opposition réduite aux arrêts.
L’arrogance exhibitioniste est arrivée au pouvoir. En France et aux Etats-Unis cela est patent, pas besoin de vous faire un dessin. La collusion entre les puissance financières et politiques s’étale au grand jour. Les media achetés sont muselés. La corruption, le débauchage, l’invite obsédante sont des moyens comme les autres pour attirer ves les honneurs des opposants dont les critiques se taisent comme par enchantement.
Alain Badiou, dont je proposai une video l’autre jour, a pour théorie, qu’en fin de compte, ce que l’on appelle de nos jours la démocratie est au service des intérêts privés et contribue à leur puissance, donc à l’exploitation asservissante des masses. On ne l’a pas cru, on le dénigre, a-t-il raison ?
Tenez, lisez ces lignes critiques du juriste Pierre Legendre dans son livre, « Ce que nous appelons le droit ». (Fayard 1999)
« Finalement, je résumerai les choses ainsi : les Etats peuvent-ils devenir la façade d’organisations inter –ou intercontinentales à vocation économique, financière, militaire, médiatique et de gestion des ressources humaines, la fonction anthropologique se trouvant en quelque sorte vacante ? Les Etats sont-ils appelés à devenir des coques vides, à se remplir de clientèles féodales politiques et à se vider de citoyens, à n’être plus garants d’une essentiel que je désigne, là encore avec l’aide du vocabulaire si intéressant des juristes classiques, comme la fonction d’instituer la vie."

Citations de Pierre Legendre: 

Le droit sert à tout et sert toutes les causes de tous ceux qui savent politiquement s'en servir.
Jouir du Pouvoir, Ed. de Minuit, Paris, 1976.

On ne dialogue pas avec la Loi, on la fait parler.
Ibidem

 

19:13 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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