21/12/2007

Une philosophie de l'existence.

Avant la Noël (le « neos ilios », nouveau soleil en grec), interrogeons-nous, avec Heidegger et Ahrendt,  sur le sens de notre « être-au-monde »

Nous avons, vous et moi – à moins d’être pathologiquement animé de pulsions suicidaires – le sentiment d’être ici, sur terre, d’une façon absolument légitime et que toute remise en cause de cette légitimité est un scandale.
La mort qui nous arrache à ce sentiment de légitimité, est ce scandale.
D’autant plus scandale que l’homme est le seul être où existence et essence co-existent (Heidegger). L’homme n’est pas une choses à propos de laquelle on peut se poser la question : qu’est-ce donc, cette chose ? L’homme se déploie dans l’existence parce qu’il est, tout simplement !
La formulation de la question devrait être : qui est l’homme ? et non pas : quoi est l’homme ?
Ce que Kant avait esquissé des caractéristiques de l’homme peuvent se résumer à cette simple constatation que Heidegger développera par la suite : l’être de l’homme est un être-là (Dasein).
L’homme avant d’être libre, digne et raisonnable est d’abord « là », c’est son être !
Mai si l’homme se déploie dans le monde en fonction de son être-dans-le-monde il n’est rien d’autre que ses modes d’être dans le monde (ou la société).
L’homme serait donc condamné à une fonctionnalité dont toute spontanéité serait exclue.
Ce qui n’est pas le cas, car l’homme, être-dans-le-monde, prend conscience que dans son être il y va de lui-même, il com-prend, dès lors, sa propre existence par son Soi.
La compréhension de sa propre existence est  pour Heidegger, le principe même de la philosophie qui donne à l’homme cette énorme possibilité d’être le maître de l’être  (sumum ens).
L’homme est un être-là, mais c’est aussi un être-lui-même, et c’est lui-même qui est son souci (Sorge).
Tous les comportement de l’être-dans-le-monde sont caractérisés par le souci de n’être plus là un jour et de tout faire pour se maintenir le plus longtemps possible dans le monde, ce refus de rester dans le monde engendre chez l’homme l’angoisse et le sentiment de ne pas être chez soi dans le monde.
A partir du moment où la mort sort l’homme du monde, il a la certitude n’être plus que soi. Et le « soi » est la réponse au « qui ?» de l’homme.
Le « soi » ne peut être « déchu » de l’homme, car réduit à n’être que lui-même, le « soi » se banalise dans l’anonymat du « on ». Et, dès lors, il n’est plus « soi ».
Mais l’homme n’a pas choisi d’être dans le monde, il y a été « jeté » par son propre être, sans prise sur le jet ni sur le rejet. Il compte pour rien dans l’origine comme dans la finalité, il est « nul ».
La prise de conscience que la mort arrache l’homme à l’emprise du « on », réalise son principe d’individuation et lui permet d’être « soi ».


Ces  graves considérations ne doivent pas vous empêcher d’être vous « ici et maintenant », c’est-à-dire à l’époque de Noël, des cadeaux, réveillons et autres joyeusetés aux antipode du questionnement existentiel.

« Il faut d’abord vivre »…
Avant d’exister.

 rothko

Mark Rothko

 

 

 

 

 

 

 

14:39 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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