29/12/2007

Chère Carla,

Séduit par ce billet paru dans « Libération » du 28 décembre dernier, je prends la liberté de vous faire partager son talent caustique.

 

Chère Carla,

 

(par Jean-Baptiste Casanova, enseignant)

 

Jusqu'à ce jour, je ne me suis guère préoccupé de votre vie sentimentale. Kierkegaard, de peur de dénaturer un amour parfait, avait décidé de le fuir. J'ai, pour ma part, préféré garder cette grâce par devers moi. Dès lors, pourquoi sortir de cette réserve ? Sans doute car je me suis fait une certaine idée de la France et de l'Italie. J'ignore les raisons de votre cœur, mais laissez-moi au moins vous ouvrir les yeux sur un point précis. Cet homme est d'une vulgarité confondante.

A-t-on idée de se rendre au Vatican avec Jean-Marie Bigard ? Est-il permis de consulter ses SMS pendant qu'un vieux jeune hitlérien déguisé en arbre de Noël devise doctement ? En cela rien de nouveau puisque candidat, je l'ai vu interrompre son discours et descendre de la tribune pour répondre à un appel personnel délaissant un parterre d'élus médusés.

Quesl sont donc les mystérieux ressorts de votre idylle ? Vous êtes italienne. Vous aimez l'histoire, la musqiue, la culture, le beau...Aimez-vous aussi le pouvoir ? Qu'à cela ne tienne puisque notre peuple a élu tant de présidents férus de lettres ou d'arts premiers. Imaginez que l'un d'entre eux était à un tel point mordu de poésie qu'il ne se rendit même pas compte que c'était la guerre et que nous étions occupés. Pourtant, tous à leurs mesures ont été à l'image de la France.

Hélas, je me refuse à reconnaître à notre Président cette qualité. Pensez que pour lui, et au mieux, Rachmaninov et Maïakovski forment la future paire d'attaquants russes du PSG tandis que della Francesca et Donato Bramante lui évoquent plus certainement encore les dernières tendances de la mode milanaise. Pendant des années, nous avons observé narquois le cirque médiatique et la dérive affairiste de Berlusconi. Effarés et attristés, parce qu'il en allait du peuple. Cela dit, Silvio n'aurait jamais eu le mauvais goût de vous exhiber à Disneyland. Et si d'aventure il avait décidé de vous emmener en yacht, il n'aurait point eu besoin de s'en faire prêter les clés.

Peuple de France, oublie aujourd'hui Kadhafi, tes charters et tes banlieues. Regarde dans Paris-Match et Voici ton visage. Que faire ? Tout simplement croire en votre nature profonde, puisque vous avez déclaré récemment être monogame par intermitence.

Pour vous, je le concois aisément, la passion amoureuse dure parfois quelques années, mais la passion physique jamais plus de quelques semaines.

Quoi qu'il en soit, je vous souhaite bien du plaisir.

sarko bruni
Sans commentaires

09:45 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Tout simplement merci, c'est peut-être caustique mais tellement juste. Je me rends compte que même les journalistes ou les animateurs les plus "bien pensants" se moquent eux aussi de notre cher président. Jusqu'à présent il me faisait peur, ensuite il m'a agacé maintenant je le trouve complètement ridicule. Bien à vous.

Écrit par : TTNE | 30/12/2007

Les commentaires sont fermés.