03/01/2008

Liberté, mais jusqu'où ?

Aux Pays-Bas, une jeune artiste d’origine iranienne expose ses oeuvres. Parmi elles, un montage photographique représentant deux homosexuels (dans une pose tout-à-fait décente) afflublés, l’un d’un masque de Mahomet, l’autre d’Ali, son gendre.
Scandale dans la communauté musulmane !Une fois de plus, la question est posée : jusqu’où va la liberté ?
On connaît la réponse : là où commence la liberté de l’autre.
Dans le cas d’espèce, « l’autre », en l’occurence la communauté musulmane, a-t-elle le droit de réagir vivement (voire violemment) à ce qui est, reconnaissons-le une provocation ?L’année dernière, en France, un professeur de philosophie avait écrit dans « Le Monde » un article injurieux à l’égard de l’islam.Il a été, dit-il, l’objet d’une fatwa et a dû se réfugier quelque part sous la protection de la police.L’article dans « Le Monde » était mauvais (dixit son « défenseur », Bernard-Henri Levy) mais cette réaction exagérée.
Il s’est avéré, par la suite, que cette « fatwa », en fait, n’avait été promulguée que par l’auteur de cette dernière et que toute cette histoire était une tempête dans un verre d’eau.
Aux Pays-Bas, il n’y va pas d’un article, mais d’un montage ouvertement sacrilège. Ce qu’assume l’artiste arguant qu’il a pour but de dénoncer les persécutions dont sont victimes, en Iran, les homosexuels.
Fallait-il pour se faire, assimiler Mahomet et Ali à l’homosexualité ? Imaginons un artiste qui dépeint Jésus sous les traits d’un pédophile... vous imaginez le scandale ?
« En démocratie, nul ne peut se prévaloir du droit de ne pas être insulté », argumente un politique néerlandais qui toutefois, a interdit l’exposition de l’oeuvre en question.
Curieux... il n’y a donc pas, aux Pays-Bas, de texte qui interdit et punit la calomnie, la diffamation et l’injure publique ? En matière de religion, il faut faire attention, la croyance s’adressse à tout un substrat qui fait appel à la psychologie des profondeurs, à des mythes ancrés dans notre inconscient, à des images archétypales, à des icônes, à un monde « imaginal »...

Y toucher est dangereux, car ces images ne se gèrent pas par la raison raisonnante. En matière de foi, la raison se met de côté.

On peut, en politique, polémiquer ou faire appel à la raison, en religion c'est impossible. Une foi n'obéit pas à la logique.

Dès lors, ce type de représentation est gratuit et méchant.
Il y a dans le chef de l’auteure une volonté de nuire à une religion et, par ricochet, à une communauté religieuse.
D’où, une réaction légitime. La liberté, ce n’est pas la liberté d’injurier l’autre, fut-ce au nom de l’art. Faut-il interdire ?  Je crois que non... ce qu’il faut faire c’est éduquer, faire comprendre... Notre monde mourra à cause d’une bande d’analphabètes incultes qui feront des doctrines à partir de roupie de sansonnet...
Eduquer aussi à accepter l’autre. L’homosexuel, par exemple. Persécuter des gens parce que leur sexualité est différente de la norme, est inacceptable et à dénoncer.
Mais ce genre d'exhibition ne fait avancer ni la cause des homosexuels, ni celle de  la nécessaire co-habitation religieuse entre gens de bonne volonté.
 

08:51 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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