08/01/2008

La laïcité ce n'est pas...

Un nouveau venu dans cette rubrique, « philosophie et laïcité », auquel j'adresse la bienvenue, m'inspire le papier suivant.

La définitinon de la laïcité que donne le rédacteur de ce blogue, m'apparaît comme totalement tronquée et génératrice de malentendus malheureux.

Je m'explique :

Pour lui, la laïcité est la volonté de construire une société société juste, progressiste et fraternelle dotées d'institutions publiques impartiales garantes de la diginité des personnes et des droits humains ...

C'est une belle définition, mais ce n'est pas la définition de la laïcité, c'est celle de l'exercice de la démocratie.

L'égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, origine, opinions religieuses et autres...  dérive de la définition de la démocratie, soit, le gouvernement du, par et pour le peuple, cela n'a rien à voir avec la laïcité.

La laïcité, mot qui vient du grec « laos », peuple, consiste tout simplement à considérer l'habitant de la cité dans sa seule et unique qualité de citoyen.

Sans tenir compte de ses croyances religieuses, de ses opinions politiques, de son sexe ou son origine sociale.

Dans cette optique, le Cardinal Primat des Gaulles, le Grand Rabbin et votre serviteur sont des laïques.

La définition de philosophie-laïcité est trop engagée, elle n'est pas neutre. Tout le monde ne peut pas souscrire à cette vision de la société. C'est, sans doute, dommage, mais c'est ainsi.

En fait, cette définition corrrespond à une vision très belge de la laïcité.

En Belgique, il y a une reconnaissance du fait « laïque » qui se traduit par des « maisons de la laïcité », des « conseillers laïques » et cette reconnaissance, publique, puisque les « maisons de la laïcité » sont reconnue au même titre que les édifices religieux, a un effet pervers qui conduit le Belge lambda a considérer qu'il y a dans son Royaume des catholiques, des juifs, des musulmans, des laïques et puis des citoyens « ordinaires »...

Or, la laïcité consiste simplement à dire que tous, nous sommes laïques et qu'il n'y a plus de clercs ! Désormais, les lois, les institutions, quelles qu'elles soient, ne seront influencées que par cette seule et unique préoccupation.

C'est donc un concept purement matriciel, un contenant, pas un contenu.

Et je crois que seule cette conception est véritablement laïque.

La conception de philosophie et laïcité fait de la laïcité une laïcité « positive », celle que prônait, d'un angle tout différend, le Président Sarkozy devant les chanoines de Saint-Jean de Latran et que je dénonçais dans mon dernieer papier.

Un mot encore sur la libre pensée.

Voilà encore un concept très prisé par certains cercles belges, je pense à l'Université de Bruxelles (qui se veut « libre ») et le Grand Orient de Belgique.

La libre pensée consiste à n'accepter une proposition pour vraie, que pour autant qu'elle puisse être examinée d'une manière scientifique..

Exeunt la métaphysique et toute forme de croyance religieuse.

C'est une façon de voir les choses qui étaient parfaitement valable il y a encore un siècle.

Depuis, les scientifiques, vollens nollens, ont du faire marche arrrière. Nous savons que les mathématiques reposent sur des apories, que ce qui est vrai et examinable aujourd'hui ne le sera sans doute plus demain, que l'évanescence des choses est aussi commune que l'impermanence de nos conclusions.

Et qu'en fin de compte, la résolution d'un problème, à terme, en génère un nouveau.

Le pourquoi de ceci est un mystère.

Et il n'y a pas de solution à un mystère.

17:30 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Comment pouvez-vous prouver qu'il n'y a pas de solution à un mystère ?

Et à partir de quelle limite doit-on définir une situation comme étant mystérieuse" ?

"Non compris" se traduit-il, à votre sens, par "mystérieux" ?

Et à votre sens, combien de chemins existent-ils pour parvenir à la compréhension d'un fait mystérieux ? L'imagination poétique est-elle un de ces chemins ?

Écrit par : CherryBlueBird | 12/01/2008

Au problème, il y a une solution; au mystère une révélation. Cette révélation n'est jamais universelle, elle ne peut se traduire en langage, elle est personnelle et s'exprime à travers des images, des symboles...
l'imagination poétique est une expression privilégiée de la révélation.
Le "non compris" n'est pas nécessairement mystérieux, il n'est pas "pris avec" pour l'instant, il le sera peut-être plus tard...
Le "mystère" transcende le temps et l'espace, il est du domaine de l'intime, du conscient à peine exprimé, de l'effleurement du subconscient.
Le mystère ne se "com-prend" jamais... voilà, il s'accepte...
Ou non...

Écrit par : Mitso | 13/01/2008

Merci pour cette magnifique interprétation.

Écrit par : CherryBlueBird | 13/01/2008

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