18/01/2008

Un Président bateleur.

Des courriers électroniques très sympathiques me reprochent gentiment de faire de l’anti-sarkozysme primaire. Et d’insister sur « la chance » qu’il faut encore laisser à notre Président.
Je ne vois pas en quoi je fais de « l’anti ».
Ce que dénoncent mes derniers articles est une dérive dangereuse du concept de laïcité et une instrumentalisation de sa vie privée.
La laïcité, dans notre République, c’est une borne à ne pas franchir. Le faire c’est réveiller de vieux démons semant la discorde et la rupture sociale.
Un discours comme celui de Latran qui précède celui de Ryad, c’est jouer avec le feu. Le premier magistrat de l’Etat peut-il se le permettre ?
Est-ilconscient qu’en le faisant, il se marginalise au regard d’une Constitution qu’il a le devoir de respecter ?
Et que penser de ses volte-faces quand il reçoit les dignitaires du Grand-Orient où, comme hier, face aux représentants des religions auxquels il délivre le discours le plus laïque qui soit ?
Le résultat de toute cette agitation c’est la défiance et l’interrogation…
On peut, en effet, se demander si M. Sarkozy n’agite pas le chiffon rouge dans un but de diversion. Si toute cette polémique sur la laïcité et la place du religieux n’a pas pour objectif de faire parler d’autre chose que des problèmes quotidiens des Français qui n’oublient pas, eux, les promesses du candidat-Président du « pouvoir d’achat » ?
Et dans la même veine, cette exhibition douteuse de sa vie privée, ses cachotteries sur son mariage, annoncé, pas démenti, occulté et que sais-je encore…
Je retiens de tout ceci une chose.
Il y avait, jadis, dans nos villes et campagnes, des citoyens qui participaient à la vie publique. Ils avaient des opinions. Bonnes ou mauvais, peu importe, ils en avaient. En discutaient, entretenaient parfois des polémiques, voire des philippiques, mais tout ce beau monde avait une idée de ce qu’il fallait faire ou défaire.
Aujourd’hui, les braves électeurs ont des images, des représentations mentales qu’ils collent à leur propre personne et il réagissent en fonction. En positif ou négatif.
On ne discute plus, on n’échange pas. On agrée ou non…
Alors, on aime untel parce qu’il a une bonne tête, est bon orateur et promet ou ne promet pas telle ou telle mesure. Sur le contenu de cette dernière, l’électeur lambda se tait. Il ne sait pas et pour cause : on ne l’informe pas.
Et les politiques d’en rajouter sur « l’extrême complexité » des dossiers à l’heure de l’Europe, de la mondialisation, de la Banque Centrale, du FMI, de la Banque Mondiale etc…
Moi, je veux bien, mais alors qu’on ne parle plus de démocratie, qu’on nous dise que c’est impossible et qu’il faut laisser la place aux technocrates.
Aux électeurs, j’en ai peur, on propose un choix, non de politiques, mais d’acteurs. Ceux qui s’agiteront en scène, pendant qu’en coulisses, d’autres, inconnus ou presque, prendront les décisions.
Et ces acteurs, il faut qu’ils plaisent, que l’on s’identifie à eux, qu’on les comprenne même dans leur dénégations et qu’ils nous parlent et nous rassurent.
Et à ce petit jeu, l’acteur Sarkozy qui avouait crûment l’autre jour qu’il ne pouvait rien faire pour le pouvoir d’achat, est un super-doué.
Est-ce suffisant pour être le Président de tous les Français ?


17:20 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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