19/01/2008

"La Route": Un chef-d'oeuvre ?

On connaissait l’Apocalypse, voici l’après.
Et c’est l’horreur ! L’angoisse ! La mort comme délivrance.
« Vous qui entrez ici, laissez tout espoir »
Le dernier roman de Cormac McCarthy nous entraîne à notre esprit défendant dans un maelström abject, répugnant, inimaginable de perversion. On croyait que tout avait été fait, il restait l’ultime, le voici.
Cannibalisme, torture, famine, fuite éperdue, route de cendres où la peur ronge les âmes et les corps.
Un homme et son jeune fils la parcourent poussant un caddie avec leurs maigres affaires.
Il n’y a plus d’humanité, plus de soleil, plus rien qu’une atroce férocité qui les poursuit tout au long de ce périple abandonné de Dieu et des Siens.
L’espoir est mort, ce qui reste est le Destin, aveugle prédateur n’écoutant que sa logique infernale.

Le roman n’aurait pu être qu’un roman d’horreur, un de plus. Une sorte de « Simetterre » à l’échelle planétaire. Mc Carthy transcende le genre. Son style est une succession de paragraphes courts, avec peu de ponctuation, pas de guillements, des dialogues réduits au minimum comme si les héros épuisés de cette sanglante saga s’épargnaient une parole inutile dans ce désert de la désolation.
Excellente traduction de François Hirsch.
Est-ce un chef-d’œuvre ?
Du genre, certainement !
Un livre écrit depuis une tombe hermétique sous un linceul d’éternité.

"...Quand on sera tous enfin partis alors il n'y aura plus personne ici que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés. Elle sera par ici sur la route sans avoir rien à faire et personne à qui le faire. Elle dira: Où sont-ils tous partis ? Et c'est comme ça que cela se passera. Qu'y-a-t-il de mal là-dedans ? " (page 150)

Cormac Mc Carthy: La Route, Editons de l'Olivier, 244pages.

Mc Carthy




14:47 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.