29/01/2008

La morale et les banques.

Le banquier est un commerçant comme les autres. C’est du moins ce qu’il prétend. Il y a cependant une différence : il ne paie pas son stock.
Un chausseur, un boulanger doivent acheter le stock qui leur permettra de pratiquer leur commerce. Et si l’un achète trop de farine et l’autre des chaussures invendables, ils supporteront chacun la perte d’exploitation.
Un banquier reçoit son stock, ce sont nos dépôts, nos économies. Il le reçoit gratuitement et vous dit merci, ce qui est bien la moindre des choses... Parfois même il fait la fine bouche et vous fait comprendre qu’il préfèrerait vous voir ailleurs.
En contrepartie, il est soumis à un contrôle extérieur, il a des obligations de couverture et il est prié, c’est marqué en toute lettre dans la loi, de gérer ces dépôts « en bon père de famille ».
C’est ce qu’il faisait il y a cinquante ans encore.
C’était l’époque où le banquier prêtait de l’argent. Il ne spéculait pas.
Depuis, les temps ont changé et les banquiers se sont mis à vendre des produits purement financiers, des produits composés de valeurs diverses qui, d’après les calculs de la banque, sont appelées à un bel avenir… si tout se passe bien.
Et ces produits sont de plus en plus sophistiqués, ils sont élaborés à partir de modules économétriques concoctés par des mathématiciens et ces modules sont parfois tellement complexes que seuls ces mathématiciens peuvent en saisir les tenants et aboutissants. Les autres font semblants.
Et si les banques vendent des produits financiers, ce n’est pas par philanthropie, c’est parce qu’elles veulent gagner plus, quitte à travailler plus…
Mais ces produits financiers, c’est du papier et rien d’autre. Ce sont des plans tirés sur la comète Finance, des suppositions, de la spéculation. Et la spéculation, c’est risqué, ce n’est pas gérer en « bon père de famille », c’est calculer des risques et les prendre… avec l’argent des autres.
Et en spéculant sur telle ou telle matière première, sur telle ou telle activité industrielle ou de service, on fausse le jeu, on crée des écrans fumeux qui feront croire que telle ou telle valeur bousière est en béton et l’autre du vent… on intervient, parfois brutalement, dans la vie de l’industrie et du commerce et cela peut faire mal.
Et quand dans l’industrie ou le commerce cela fait mal, ce sont toujours les plus exposés, les salariés, qui encaissent (enfin, façon de parler !)…
Et tout ça pour faire du profit, vite de préférence, empocher la plus-value et puis se tailler pour recommencer ailleurs !
Braves gens, je trouve cela immoral ! C’est avec nos sous qu’ils spéculent, c’est avec nos sous qu’ils peuvent, s’ils le veulent, perturber  les marchés boursiers et influencer d’une manière souvent artificielle la valeur d’une action.
Regardez ce qu’ils ont fait aux Etats-Unis en transformant en actions des créances. Vendre des dettes ! Prendre des risques est une chose, maquiller les risques c’est rédiger un faux et en user.
Cela relève du pénal.
Ils ne sont poutant pas en prison, nos banquiers…
Vous trouvez normal, vous, que l’argent des particulier, c’est-à-dire du public, soit en dépôt dans des banques privées ?  Qui vont s’enrichir avec ces dépôts qui ne leur coûtent rien. Ou qui vont engendre des pertes énormes dès lors que les prévisons ne sont pas ce qu’elles devraient être…
Platon avait écrit dans « La République » que la Cité serait bien gérée si chacun se tenait à sa place. L’agriculteur cultivant, le commerçant vendant, l’industriel produisant et le banquier prêtant. A partir du moment où l’une de ces composantes sort de son rôle, c’est le débordement assuré.
On le voit aujourd’hui avec ce scandale de la Société Générale qui perd cinq milliards d’euros, fruit des spéculations malheureuses d’un lampiste.
Si ce garçon, au terme de ses tours de passe-passe, en avait gagné cinq… il eut été félicité et récompensé royalement…
Et on aurait tu les accrocs à l’orthodoxie des contrôles… En affaires mentir ce n’est pas mentir, comme l’a récemment déclaré Monsieur Bolloré (l’ami de l’ami de Clara…)
Mais là, il a perdu… et on veut nous faire croire au méchant loup solitaire…
Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de la finance.



12:30 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ils sont tous "pourris" aussi ,parce que nous les laissons faire (l'homme n'étant pas "a priori "bon et honnête citoyen").Il n'ya pas de garde fou.Mais que faire ,quand presque tout nous oblige à passer par eux

Écrit par : yoko | 29/01/2008

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