04/02/2008

Faut-il être "sympa" ? (2)

Ah, il y en a eu des commentaires sur mon dernier papier…
Comme quoi, s’inspirer d’Alain Finkielkraut c’est vivre dangereusement.
Soyons clair cependant, quand ce dernier écrit que la « démocratie sort de son lit » quand des valeurs tout-à-fait légitimes sont détournées de leur légitimité et tournées en dérision il n’a pas tort.
La hiérarchie est chose naturelle : le professeur se doit d’être à sa place, qui est celle de celui qui dispense son savoir, et l’élève à celle de qui le reçoit. Le problème c’est qu’il y a de mauvais professeurs et de très bons élèves…. C’est fâcheux, mais vous en connaissez, vous, des situations sans problèmes ?
Quand, pour des raisons purement « populistes », on sape l’autorité naturelle du professeur pour lui substituer une « sympathie » que les élèves devraient lui trouver et lui rendre, on ne rend service ni à l’un, ni à l’autre.
Il en va de même avec le bien parler, écrire, rédiger, se tenir à table, vivre en se respectant soi-même et les autres.
Prenons un exemple tiré de l’actualité récente : le Président Sarkozy a vu sa cote de popularité chuter de plusieurs points. Pourquoi ? Pas tant parce que, subitement, les Français rejettent en bloc sa politique et ses réformes, mais parce qu’il ne tient pas son rang. Ce qu’ils attendent, les Français, du Président de leur République c’est qu’il se conduise comme tel et pas comme un star du show-biz. Ce qui est permis et apprécié d’un Johnny H. ne l’est pas du premier magistrat de l’Etat.
Deuxième exemple : la semaine dernière, un professeur se fait traiter de « connard » par un élève de douze ans. Excédé, le professeur lui flanque une gifle et se retrouve vingt-quatre heures en garde à vue pour violence par dépositaire de l’autorité. Les Français sont indignés par cette garde à vue. Un professeur n’a pas à se faire traiter comme tel et comme beaucoup ont reçu, comme moi, une bonne trempe dans leur jeunesse écolière et qu’elle leur a servi de leçon, il donne majoritairement raison à l’enseignant ! Moi le premier !
Là où je ne suis plus d’accord, c’est quant la hiérarchie se sclérose, devient un passe-droit, un privilège réservé à une élite. Un dirigeant doit toujours mériter sa fonction, c’est ce mérite qui légitime sa place, ce ne sont pas ses diplômes et ses compétences toujours sujettes à caution. Un chef est un chef tant qu’il mérite sa place. C’est aussi simple que ça.
Vous me répondrez qu’il y en a des tas qui ne méritent pas la place qu’ils occupent et vous avez raison. C’est le devoir des citoyens de critiquer et dénoncer ceux qui mènent leurs affaires et les remettre dans le droit chemin, la démocratie est à ce prix que trop ne veulent pas payer et laissent, par conséquent, faire.
Si un bon professeur tire l’élève de l’ignorance, un homme politique doué peut tirer son pays vers le haut ; l’un comme l’autre n’ont pas à être sympathiques ou même populaires, ils doivent faire ce pour quoi ils ont été choisi.
La faute serait de masquer l’incompétence par un comportement amène voie carrément familier. Cela plaît toujours un temps que de voir quelqu’un descendre de son piedestal et se mêler à la foule des anonymes. Mais le naturel reprend toujours le dessus qui veut que le citoyen lambda attend autre chose de sa hiérarchie que des marques de sympathie et d’affection.
L’exercice de la démocratie est une chose sérieuse, cela n’a rien a voir avec la sympathie.
Certains en font aujourd’hui l’amère expérience.



19:52 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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