11/02/2008

Pas de place pour les vieux...

 

no country


 

Cormac Mc Carthy a du lire Homère et la Bible,  et allez savoir quoi d’autre sur l’Adversaire ses pompes et ses œuvres.
Le film des frères Coen, tiré du roman éponyme suit fidèlement le texte de Mc Carthy, séquence après séquence nous assistons impuissants au déploiement du Mal qui, parti du désert, étend son emprise avec une calme et sanglante détermination.
En filigrane reviennent, lancinantes, les mêmes questions : pourquoi cette violence, cette chute de plus en plus brutale dans l’innomable et l’abject ? Et la réponse  est là en filigrane : nos petites lâchetés, nos suffissances, et notre incorrigible vanité qui défie la mort au bout du chemin.
J’ai dit tout le bien que je pensais du dernier roman, « La Route », de Mc Carthy,  qui est en quelques sorte la quintessence de ce Mal absolu dont il explore, depuis longtemps les tenants et aboutissants. « No country for old men » que je traduis librement en « Pas de place pour les vieux » annonce la déflagration finale de « La Route ». Ici, il y a un désert qui sépare les Etats-Unis et le Mexique, mais pas les bons des mauvais. Les vieux, qui ne sont pas encore contaminés, qui se souviennent d’un « avant », assistent médusés au carnage et au-delà de la colère, c’est une triste lassitude qui s’abat sur leurs épaules.
Constat désespéré d’une société qui se perd dans les douleurs de ses convulsions, il ne reste aux vieux qu’à se retirer et attendre que le temps, qui efface tout même ce qui ne peut l’être, fasse son office.
Un film à voir. Un livre à lire.

Cormac Mc Carthy : « No country for old men »,  Editions de l’Olivier & Points.

Javier Bardem

 Javier Bardem

17:21 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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