17/03/2008

Heureux et circonspect.

Je suis heureux que le scrutin de dimanche dernier ait bousculé la suffisance de l’Autocrate de l’Elysée. Heureux et circonspect.
Que veulent les peuples, dans le fond ? Pas grand chose. Où que l’on aille, les gens souhaitent un bonheur tranquille, sans histoires, sans malheurs, sans trop de soucis. Les grands destins, les vision prophétiques, ce n’est pas la tasse de thé de Monsieur Tout le Monde qui n’aspire qu’à rentrer chez lui, le soir, dans son pavillon « Sa’m suffit » pour y retrouver sa femme, ses (braves) enfants et compter, tranquille, ses points de retraite.
Le peuple c’est comme une bonne pâte qui ne demande qu’à lever au gré du boulanger qui la pétrit.
Il y a toujours une petite minorité qui ne souhaite pas ce destin bucolique et qui agit pour que les choses et les gens obéissent et aillent dans le sens d’une vision qu’ils inspirent.
Les Allemands ont élu Hitler en 1933 pour en finir avec une République de Weimar qui ne leur accordait pas la sécurité physique et économique à laquelle ils aspiraient. Hitler avait cependant d’autres vues. Les Bolchéviques en 1917 ne représentaient pas un pour cent du corps électoral, ils ont habilement manipulé les demandes des Russes pour plus de justice sociale et imposer leur doctrine économique et politique.
Les gens n’en ont que faire de la compétition économique planétaire, des Fonds Monétaire et autres Banque Mondiale. Ils veulent du travail, une maison, la sécurité sociale et physique.
Tout l’art du politicien est de manipuler son électorat sur un point essentiel, la sécurité ou l’immigration par exemple, et puis dans la foulée y coller un programme économique qui réponde aux désiderata des puissances qui dirigent l’économie du pays.
Et il aura beau jeu, par la suite, d’affirmer la main sur le cœur : « mais j’ai été élu sur mon
programme ! ».
La démocratie, je le pense de plus en plus, pour être réelle, doit être participative. Et pour que le citoyen puisse participer réellement, il faut une Cité. Or, aujourd’hui, nous n’avons plus de cités. Rien que des pays, de plus en plus grands (Union Européenne, Russie, Etats-Unis…) dans lesquels la volonté populaire se dilue et est déviée de son but premier.
Voyez la Suisse, un des rares pays, peut-êre le seul, où ce type de démocratie joue son rôle, canton par canton.
Rien de pareil dans nos pays d’Europe où les citoyens donnent, de temps à autre, leur avis et puis retournent aussi vite chez eux les commenter devant le petit écran. Et râler !
Pas étonnant dans ces conditions que le scepticisme gagne du terrain et se traduise par une absention des urnes, un rejet du système et un recours à des formes extrêmes d’oppostion.
Alors que faire ? Surtout ne pas désespérer. Surtout ne pas ne se reposer sur les lauriers éphémères d’un coup de gueule dans les urnes. La seule manière pacifique pour replacer le débat démocratique au sein de la vie politique est la participation sous toutes les formes possibles : questions écrites aux élus, manifestations, syndicalisme, débats, forum dans la presse et que sais-je encore ? Ne pas laisser aux politiciens la bride sur le cou…
Les temps qui viennent seront durs, ne vous faites pas d’illusions. Les riches, un peu partout deviennent de plus en plus riches. Les pauvres de plus en plus pauvres. L’écologie, pourtant un défi vital, n’est qu’un vœu pieux. Un livre vient de sortir qui nous promet un krach écologique en 2030, et ce n’est pas de la science fiction (Geneviève Férone : 2030 Le krach écologique. Grasset), les guerres en Afrique et en Asie ne sont pas prêtes de s’éteindre. Les conflits raciaux, religieux, sociétaux iront en s’amplifiant. Ne restez pas chez vous, votre pavillon risque de n’être qu’un bunker isolé dans un monde en guerre.
Il ne résistera pas.
Réagissez, bravez gens, voter c’est bien, agir c’est mieux !

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Geneviève Ferone pose dans cet essai clair et tranché une série de questions économiquement incorrectes. Comment nous orienter au plus vite vers des énergies propres et renouvelables ? Aurons-nous le temps de les financer et les développer à une échelle industrielle pour couvrir les besoins en énergie de 7 milliards de personnes en 2030 ? Faut-il généraliser la taxe carbone ? Comment faire basculer des géants économiques tels que l’Inde et la Chine, dont les intérêts sont divergents des nôtres, vers une nouvelle gouvernance ? Faut-il attendre une quelconque aide de la décroissance ? La foi dans le progrès technologique nous sauvera-t-elle ?

 

18:14 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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