28/03/2008

Philosopher...mais comment ?

La philosphie ne peut être un exercice intellectuel solitaire aussi brillant soit-il. Elle ne peut non plus se limiter à une méditation sur le sens (ou le non-sens) d'une existence qui n'est jamais un long fleuve tranquille.
Elle est action et action volontaire (mue par la volonté) afin que les hommes -tous les hommes- accèdent au bonheur.
Elle s'inscrit dans une aire géopolitique qui, de son point de vue, est géophilosophique et qu'elle réfléchira parce que le philosophe s'inscrit, lui aussi, dans cette aire.
Parmi ses déclinaisons, songeons à l'esprit d'un peuple et à sa conception du droit. Les caractères nationaux marquent l'histoire de la philosophie, c'est normal et somme toute rassurant.
Le concept du philosophe se conjuge avec le milieu présent, sans quoi ce concept reste vain et stérile.
La philosophie naît dans de petites cités grecques gouvernées par des marchands ou des tyrans "éclairés" et mécènes. Il y règne une liberté de pensée, d'association comme l'échange des opinions et des idées; bref, tout ce qui permet l'éclosion de la société des amis. Les dirigeants de ces cités laissent faire tant que leur commerce ne pâtit point des théories de ces penseurs, et tant que ces derniers ne dérangent pas les croyances populaires. Il n'existe pas, dans ces cités, un sentiment impérialiste qui appelle toutes les composantes de la cité à le servir; la mesure géo-politique reste encore l'homme dans sa cité.

Or, nous assistons depuis plusieurs années à une convergence suspecte entre la diffusion à l'échelle planétaire de marchandises diverses, échangées agressivement au nom d'une liberté de circulation que l'on fait reposer sur une liberté de pensée et ce que l'on nopmme: "droits de l'homme".
Ces "droits de l'homme" peuvent, nous le savons tous, co-exister avec d'autres droits comme le droit à la sécurité de la propriété et les droits divers régulants les relations entre employeurs et salariés.
Ces législations limitent souvent l'un aux dépends de l'autre et nous pouvons nous poser la question: les "droits de l'homme" peuvent-ils avoir pour fondement le droit de l'homme à créer, gérer et augmenter son capital. Et la philosphie doit-elle s'articuler sur pareil fondement sans le dénoncer ?
Ces mêmes "droits de l'homme" ne disent rien sur les modes d'existence immanents de l'homme pourvu de ces droits.
Dès lors, pouvons-nous, sans plus, tolérer la vulgarité de modes d'existence consacrés au tout à la consommation  et à la réïfication du sujet
consommateur ?
En un mot comme en cent, le philosophe peut-il passer des compromis ?
Disons le franchement (et avec Gilles Deleuze), nous manquons de résistance au présent !
La philosophie doit être l'appel à l'émergence d'un peuple qui n'est pas encore. Elle doit privilégier au présent, qui est l'état que nous ne cessons pas de cesser d'être, un actuel fondateur d'un devenir autre.
"L'actuel est le maintenant de notre avenir" (Gilles Deleuze). Foucault ("Archéologie du savoir") démontre que la philosophie n'a pas pour objet de contempler l'éternel ni de réfléchir l'histoire mais de diagnostiquer nos devenirs actuels: un devenir-révolutionnaire. Diagnostiquer les devenirs dans chaque présent qui passe. C'est une médecine de la civilisation pour reprendre le mot de Nietzsche.
Où sont-ils passés, les médecins ?

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12:00 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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