18/04/2008

Un nègre majuscule.

césaire

 

Ecoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !

Nègre je suis et Nègre je resterai. Il y avait dans cette idée l’idée d’une spécificité africaine, d’une spécificité noire. Mais Senghor et moi nous sommes toujours gardés de tomber dans le racisme noir. J’ai ma personnalité et, avec le blanc, je suis dans un respect mutuel. […] L’assimilation pour moi, c’était l’aliénation, la chose la plus grave» (p.28). Dire et écrire une négritude pour lutter contre un pesant carcan, dans la France de ces années 1930, la macaquerie sociale, consensuelle-conventionnelle. Aimé Césaire se souvient: « tu vois Léopold, le monde est ce qu’il est, tu t’habilles, tu mets ton costume, tu vas au salon, etc. Mes hommages, Madame. Mais où est le Nègre dans tout ça? Le nègre n’y est pas. Tu l’as en toi, pourtant. Creuse encore plus profond, et tu te trouveras au fond de toi, par-delà toutes les couches de la civilisation» (p.27). Ces mots trouvent un sillage de protestation dans la poésie de Léon-Gontran Damas (1912-1978) – recueil «Pigments Névralgies» (1972, éd. Présence Africaine). Il avait ainsi dédié à son ami Aimé Césaire le poème «Solde»:

 

«La culture, c'est tout ce que l'homme a inventé
pour rendre le monde vivable et la mort affrontable»

 

 

17:24 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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