04/05/2008

Coeur, instinct ou raison ?

vaches

 
Vaucluse: Les vaches, dans le pré voisin, sont bien sympathiques et discrètes. Elles ne meuglent quasiment pas. Ce sont des vaches a viande me dit la bourgeoise, elle a raison, rien qu’à voir les pis on réalise qu’elles termineront en steacks entre les frites et la salade. Le lait, c’est pour les autres, les Holstein et hollandaises du même acabit. Ces Aubrac m’indisposent cependant, elles ne font pas bonne figure dans ce paysage méditéranéen. Go home !
Pas très raisonnable ce que vous écrivez…
Vous n’avez pas tort, mais pourquoi vouloir être raisonnable.
Notre amie TTNE se posait la même question dans son dernier
envoi : cœur, instinct, raison, entre les trois, que chosir ?
L’homme est un être raisonnable a écrit un raisonnable. Quelle erreur ! Il ne l’est pas…
S’il rechigne tant à se conformer aux préceptes de sa raison, c’est que ces derniers sont, dans la majorité des cas, furieusement ennuyeux.  Vous imaginez un monde raisonnable où tout un chacun réfléchirait avant de faire quoi que ce soit, convolerait après avoir pesé le pour et le contre et répondrait au bout de longues et interminables minutes de savant silence ? Un monde peuplé de Suisses ou de Suédois ? Un aréopage de calvinistes. Quel ennui !
Il y a l’instinct, cette intuition sauvage niché au fond de nous qui nous fait sentir que telle voie nous vaut mieux que l’autre, que telle situation est en notre faveur ou non, que l’avenir se présente sous telles ou telles facettes.
L’instinct nous trompe, nous aveugle, mais nous mène aussi sur des rivages enchantés d’où la raison est absente et rebelle. Vive l’instinct !
Et puis le cœur, cette sublimation de l’instinct. Il faut suivre son cœur, disent les vieilles grand-mères revenues de tout. Elles ne le disaient pas à leurs enfants ; ce genre de conseil est réservé en catimini à leurs petits-enfants venus quérir des miettes de leur expérience.
Dieu, tenez ! s’il existe, avouez qu’il n’est pas net ! Sans plus, il laisse la terre en proie à la folie destructrice des hommes, à leurs psychopathies, haines, jalousies, mesquineries, tueries nombreuses, sanglantes et variées, puis se retire dans son Olympe majestueux et innaccessible.  Tout ça pour quelques Saints chez les barbares. Pas raisonnable, Dieu !
Alors que faire, que choisir ?
Suivez votre instinct. Le hic, c’est que ce dernier, tout puissant chez les animaux est atrophié chez nous (par la raison ?) hommes et femmes de haute extraction urbaine. Pour retrouver l’instinct, il nous faut retrouver le point de départ, la source d’où celui-ci jaillit et agit. Difficile à faire dans un système bruyant, réducteur, factice comme celui de cette brillante civilisation qui nous entoure et nous bride.
On peut y parvenir par le silence, le détachement, la méditation (cete réflexion pure) et l’esprit critique qui jauge toutes nos actions et celle des autres.
Parvenir à la résurgence de ce que Bergson appelait « l’instinct vital » ; voilà déjà un appréciable résultat.
Y associer ensuite la raison, mais une raison maîtrisée, est un ingrédient idéal pour monter cette mayonnaise.
Et si elle prend, le cœur sera lumineux dans ses choix.
Ma raison me dicte que ce papier sera reçu avec un sourire entendu. Et mes lecteurs auront raison ! La vie est dure, elle ne laisse pas de place à nos élans irréfléchis, à nos coups de cœur, à nos envies sans buts. Il faut toujours tout justifier, peser, soupeser, projeter dans un avenir dont on répond…
Quel ennui !

16:04 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour,
j'ai beaucoup apprécié la manière dont vous avez abordé ce sujet.
Il est parfois bien difficile de savoir quand faire confiance à son coeur, à son instinct ou à la raison.
Je vous remercie pour ce partage intéressant.

Alicia

Écrit par : garde d enfant 95 | 08/12/2011

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