06/05/2008

Je change de serveur.

Chers amis,

Depuis quelques mois, je constate un effritement significatif du nombre de lecteurs alors que, paradoxalement, mon classement  quotidien s’est amélioré.

En clair : il y a moins de passage sur cette rubrique « Philosophie ».

J’ai donc décidé de réunir ce blog à celui que je rédige sur over-blog .fr.

Si vous le souhaitez, vous pourrez me lire désormais sur :

 

http://candide.over-blog.fr/

 

Over-blog compte plusieurs dizaines de communautés plus actives les unes que les autres et qui affichent toutes une qualité intellectuelle appréciable.

Je remercie toutes celles et ceux qui, par leurs commentaires, m’ont inspiré dans mes rédactions et j’espère les retrouver bientôt sur mon serveur.

Bien à vous et

Soyez heureux !

 

 
 
 
Orchidee3


 

 

15:47 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/05/2008

Coeur, instinct ou raison ?

vaches

 
Vaucluse: Les vaches, dans le pré voisin, sont bien sympathiques et discrètes. Elles ne meuglent quasiment pas. Ce sont des vaches a viande me dit la bourgeoise, elle a raison, rien qu’à voir les pis on réalise qu’elles termineront en steacks entre les frites et la salade. Le lait, c’est pour les autres, les Holstein et hollandaises du même acabit. Ces Aubrac m’indisposent cependant, elles ne font pas bonne figure dans ce paysage méditéranéen. Go home !
Pas très raisonnable ce que vous écrivez…
Vous n’avez pas tort, mais pourquoi vouloir être raisonnable.
Notre amie TTNE se posait la même question dans son dernier
envoi : cœur, instinct, raison, entre les trois, que chosir ?
L’homme est un être raisonnable a écrit un raisonnable. Quelle erreur ! Il ne l’est pas…
S’il rechigne tant à se conformer aux préceptes de sa raison, c’est que ces derniers sont, dans la majorité des cas, furieusement ennuyeux.  Vous imaginez un monde raisonnable où tout un chacun réfléchirait avant de faire quoi que ce soit, convolerait après avoir pesé le pour et le contre et répondrait au bout de longues et interminables minutes de savant silence ? Un monde peuplé de Suisses ou de Suédois ? Un aréopage de calvinistes. Quel ennui !
Il y a l’instinct, cette intuition sauvage niché au fond de nous qui nous fait sentir que telle voie nous vaut mieux que l’autre, que telle situation est en notre faveur ou non, que l’avenir se présente sous telles ou telles facettes.
L’instinct nous trompe, nous aveugle, mais nous mène aussi sur des rivages enchantés d’où la raison est absente et rebelle. Vive l’instinct !
Et puis le cœur, cette sublimation de l’instinct. Il faut suivre son cœur, disent les vieilles grand-mères revenues de tout. Elles ne le disaient pas à leurs enfants ; ce genre de conseil est réservé en catimini à leurs petits-enfants venus quérir des miettes de leur expérience.
Dieu, tenez ! s’il existe, avouez qu’il n’est pas net ! Sans plus, il laisse la terre en proie à la folie destructrice des hommes, à leurs psychopathies, haines, jalousies, mesquineries, tueries nombreuses, sanglantes et variées, puis se retire dans son Olympe majestueux et innaccessible.  Tout ça pour quelques Saints chez les barbares. Pas raisonnable, Dieu !
Alors que faire, que choisir ?
Suivez votre instinct. Le hic, c’est que ce dernier, tout puissant chez les animaux est atrophié chez nous (par la raison ?) hommes et femmes de haute extraction urbaine. Pour retrouver l’instinct, il nous faut retrouver le point de départ, la source d’où celui-ci jaillit et agit. Difficile à faire dans un système bruyant, réducteur, factice comme celui de cette brillante civilisation qui nous entoure et nous bride.
On peut y parvenir par le silence, le détachement, la méditation (cete réflexion pure) et l’esprit critique qui jauge toutes nos actions et celle des autres.
Parvenir à la résurgence de ce que Bergson appelait « l’instinct vital » ; voilà déjà un appréciable résultat.
Y associer ensuite la raison, mais une raison maîtrisée, est un ingrédient idéal pour monter cette mayonnaise.
Et si elle prend, le cœur sera lumineux dans ses choix.
Ma raison me dicte que ce papier sera reçu avec un sourire entendu. Et mes lecteurs auront raison ! La vie est dure, elle ne laisse pas de place à nos élans irréfléchis, à nos coups de cœur, à nos envies sans buts. Il faut toujours tout justifier, peser, soupeser, projeter dans un avenir dont on répond…
Quel ennui !

16:04 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

02/05/2008

Petit karma.

sault

 

Saint-Jean-de-Sault : neuf-cents mètres d’altitude, une nature qui affiche un  mois de retard sur le printemps de la vallée, un air vif ; sous les conifères, des champs de lavandes à l’infini qui, gris aujourd’hui, exhiberont leur couleur violet d’évêque à l’aube de l’été.
Dans un étang, des grenouilles manifestent bruyament leurs amours naissantes. Des chèvres guidées par deux chiens vifs,  passent indifférentes.
« Je ne suis certain que d’une chose : que tout est ascension. Tout monte vers une idée de perfection. Aucune solution de continuité entre Matière et Esprit : rien qu’une différence de densité. Tout avance vers la légèreté ; et la légèreté tend vers Dieu, ou vers le Néant absolu. Tout est itinéraire va de l’obscurité la plus profonde (mais peut-être jamais sans une parcelle de conscience) à la pleine lumière : si lumineuse qu’on la prend parfois pour un infini vide. » (page 224 : 8 novembre 1985, 23h59).
Voilà ce qu’écrit, ce jour et à cette heure, Carlo Coccioli. Il est à San Antonio, Texas, pour un mois. Il a quitté son Mexique d’adoption pour un mois et durant cette brève période se livre à une chronique d’intériorité.
« Je voudrais ne pas avoir écrit tous les livres que j’ai écrits. Je voudrais en avoir écrit qu’un seul : simple, clair, précis, définitif. Je vis avec la peine de n’avoir pas été capable de l’écrire. » (page 9 : 22 octobre 1985, 8h21).
Singulière expérience que de tenir pareil journal. Il faudrait que je m’y mette. En Afrique, la prochaine fois, c’est promis !
Je me revois, il y a trente ans, sur cette route de l’Arizona parallèle au Mexique voisin. Elle menait à la ville-frontière de San Luis, coupée en en deux par un énorme mur dont l’arête s’ornait de barbelés électrifiés. Partout des miradors et des projecteurs : la frontera !
Les riches d’une côté, les pauvres de l’autre. C’est bien mieux comme ça, non ?
Côté mexicain, San Luis, Sonora : le tiers-monde, sa misère, ses odeurs, ses regards furtifs, les bruits, les corbeaux et les rats obèses.
Rien n’a changé depuis, sinon que le sang des immigrés coule du côté de l’Arizona, ce qui ne repousse en rien les vivants…
Quelle est la réponse au scandale du mal et de la douleur des innoncents ? Coccioli en a une : le karma.
Pourtant : « tout est maudit dans le monde sauf le souvenir de Dieu » aurait dit le Prophète Mahomet. D’où le concept des mystiques musulmans, le dikhr, le souvenir.
« Je t’ai donné un monde inachevé, imparfait, rempli de moustiques et de caïmans, comble d’énigmes, de douleur, de sang, un monde régi par le Karma mais c’est un monde vivant où toi, et parce que tu aimes et souffres et protestes et pleures, et parce que tu coopères à mieux le créer, et que finalement tu meurs, tu es vivant toi aussi. » (page 314 : 21 novembre 1985, 13h40).

coccioli


Carlo Coccioli : « Petit karma », editions Du Rocher, 1988.

17:40 Écrit par mitso dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |